Promotion de la filière mangue: le PAFASP au coeur de l'action

PAFASP - Programme d'Appui aux Filiéres Agro-Sylvo-Pastorales
La production de la mangue au Burkina est passée de 337.100 tonnes en 2008 à 404.400 tonnes en 2014 toutes variétés confondues. La superficie totale des vergers de manguier est estimée à 33 700 ha pour l’ensemble du pays en 2011 selon la cartographie des vergers réalisée par le PAFASP. L’Ouest du pays constitue le principal bassin de production de mangues. En effet, les régions des Hauts Bassins et des Cascades concentrent 75% de la production nationale. Depuis quelques années, la mangue burkinabè bénéficie d’un regain d’intérêt de la part d’acheteurs européens et maghrébins. Dans les régions des Hauts-Bassins et des Cascades, des acteurs, avec le soutien du PAFASP, s’organisent pour mieux répondre aux exigences de qualité et de traçabilité de leurs clients. Dodougou, village situé à 35 km de Bobo Dioulasso. En 2009, Samuel Douamba y créé un verger de manguiers 15 ha grâce à une subvention du PAFASP de 8 323 0000. Le Coût total de son projet était de 15 800 000. Entre 2010 et 2014, il étend son verger, sur fonds propres, de 15 à 34 hectares pour un investissement de 20 000 000 de francs CFA. En 2012, le PAFASP organise un voyage au Pérou au profit d’acteurs de la filière mangue pour qu’ils s’imprègnent de l’expérience péruvienne en matière de vergers irrigués. Samuel Douamba est du voyage. « Cette expérience péruvienne a été déterminante pour le développement de mon verger », reconnait M. Douamba. De retour au Burkina, il décide d’appliquer ce qu’il a appris au Pérou, à savoir irriguer son verger. Le PAFASP l’accompagne dans cette initiative en lui octroyant une subvention de 19 000 000 millions de francs CFA pour un investissement total de 25 000 000. Cette subvention l’aide à irriguer 10 ha avec le système sémi californien. Son ambition : irriguer tout son verger de manguiers (34 ha) avec la technologie du goute à goute d’ici à 2020. Une vision que le PAFASP appui fortement. En effet, dans le cadre de la mise en œuvre du financement additionnel, le programme envisage le financement de 600 hectares de vergers de manguiers de moyenne (200 pieds/hectares) et haute (à partir de 400 pieds /hectares) densité de plantation sous irrigation goute à goute. « Il s’agit, à travers cette stratégie, de contribuer au développement d’une capacité locale de production de mangues colorées de qualité destinées principalement aux marchés internationaux, régionaux et sous régionaux », précise la responsable de l’antenne de l’Ouest du PAFASP, Djénéba Tapsoba Outre la production, le PAFASP appui également la promotion de la mangue séchée. Christiane Coulibaly est promotrice de trois unités de transformation de la mangue fraiche en mangue séchée. Ses trois unités sont installées à Toussiana, localité située à 60 km de Bobo Dioulasso. La première unité est équipée de 11 séchoirs attesta, la deuxième de 24 séchoirs attesta et la troisième de 22 séchoirs attesta et de deux séchoirs tunnels. L’acquisition des deux séchoirs tunnel (en 2011 et 2014) a été facilitée avec un appui financier du PAFASP. Le premier à hauteur de 28 000 000 de francs CFA pour un coût total de 35 000 000 de francs CFA et le deuxième à hauteur de 15 000 000 de francs CFA pour un coût d’acquisition de 27 millions de francs CFA. L’introduction du séchoir tunnel, une technologie venue d’Afrique du Sud , a permis d’augmenter les quantités produites, d’améliorer la qualité du produit fini et de réduire significativement la pénibilité du travail. L’attesta produit 20kg /24 h de mangue séchée tandis que le tunnel en produit 120kg/24h. « Je produisais à peine 50 tonnes de mangue séchée par campagne. Depuis l’acquisition du tunnel, j’ai produit 65 tonnes en 2012, 75 tonnes en 2013 et 110 tonnes en 2014. Mon objectif pour la campagne 2015 est de 120 tonnes », se réjouit Mme Coulibay, la cinquantaine rayonnante. Déjà en 2008, un financement du PAFASP de 5 720 000 de francs CFA lui a permis de se construire une murisserie et d’acquérir mille cagettes pour le transport de la mangue fraîche. Son entreprise, Tensya, emploie onze personnes de façon permanente et cinq cents personnes de façon occasionnelle. Concernant l’exportation de la mangue fraiche , le programme a joué un rôle majeur pour que la mangue burkinabè soit bien appréciée en Europe et au Maghreb. Des investissements de 180 millions de francs CFA au niveau du terminal fruitier de Bobo Dioulasso (TFB) ont permis de mettre aux normes cette plateforme de conditionnement et d’exportation de la mangue. Ce financement a surtout permis de renforcer le système d’isolation des chambres froides, de construire une chambre de pré-cooling , de recouvrir le sol avec de la résine, de construire un sas de chargement , d’aménager d’un soufflet d’empotage et de la rampe de chargement , de construire une voie ferrée complémentaire d’environ 150 m. « Cet appui du PAFASP, conjugué au renforcement des capacités et l’obtention de différents certificats, a permis au terminal fruitier de répondre aux standards internationaux de qualité et de traçabilité indispensables pour l’export de la mangue », se félicite le directeur général de la société de gestion des terminaux fruitier (SGTF), Nouhoun Barro. La SGTF est la société gestionnaire du terminal fruitier de Bobo Dioulasso. Au Ranch du Koba, unité de conditionnement et d’exportation de la mangue également installée à Bobo Dioulasso, un appui du PAFASP de 578 millions FCFA a permis de renforcer les capacités productives de l’unité et la mise aux normes de ses installations . Ce financement a surtout permis l’agrandissement du centre de traitement et de conditionnement, l’acquisition d’une nouvelle chaine de conditionnement ainsi que l’installation de chambres froides d’une plus grande capacité. « Ces différents équipement nous ont permis d’augmenter notre capacité productive de 10 tonnes/jour à 50 tonnes /jour et d’améliorer la qualité de nos produits », admet le directeur général du Ranch du Koba, Issiaka Bougoum. Pour garantir l’approvisionnement des différente unités en mangues saines, le PAFASP, en collaboration avec l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) et l’interprofession mangue, a engagé une lutte contre les nuisibles du manguier , en particulier contre la mouche des fruits inféodée au manguier. Le PAFASP a notamment facilité l’acquisition de 25 000 litres de SUCCESS APPAT (produit homologué en traitement biologique) qui ont permis de traiter 5000 hectares de vergers de manguiers et formé trois cents brigadiers phytosanitaires pour le traitement des vergers. « L’utilisation du SUCCESS APPAT, combinée à l’entretien des vergers, a réduit de façon significative le taux d’infestation des vergers », fait remarquer le président de l’interprofession mangue, Paul Ouédraogo Encadré Des résultats fort encourageants Le Programme d’appui aux filières agro-sylvo-pastorales (PAFASP) est mis en œuvre depuis janvier 2007 par l’Etat burkinabè avec le soutien technique et financier de la Banque mondiale. En huit ans d’intervention, le PAFASP a cofinancé 3067 micro-projets pour un montant de plus de 7 milliards de francs CFA et touché 370 000 bénéficiaires dont 15% de femmes. La conduite d’un vaste programme de réalisation d’infrastructures marchandes et d’irrigation, de formation et de structuration des filières a permis d’améliorer considérablement les performances productives , commerciales et organisationnelles des différentes filières. Au regard de ces résultats fort encourageants, il est apparu indispensable aux deux parties (Etat burkinabè et Banque mondiale) de consolider les acquis. Dans cette perspective, la Banque mondiale a fait suite à la requête de l’Etat en lui octroyant un financement additionnel de 24,5 milliard de francs CFA pour la période allant du 1er juillet 2014 au 30 juin 2016 pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme. Ce financement additionnel vise le renforcement des acquis du Programme. Pour ce faire, l’orientation principale consiste en la concentration des interventions sur la consolidation des microprojets (MP) dans l’optique d’une évolution vers des micro-entreprises (ME) voire des petites et moyennes entreprises ( PME) viables et rentables, le renforcement des capacités organisationnelles et managériales des interprofessions et la poursuite des aménagements pour l’irrigation.
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